De la reconstruction à la guerre d'Algérie : entre climatisme et loisirs

           

La France, entièrement détruite, passe très vite des pénuries du lendemain de la Seconde Guerre Mondiale au quantitatif. La société de consommation apparaît, accompagnant un tourisme de masse déjà mis en place par les congés payés. Le climatisme reste d'actualité, malgré la venue de nouvelles activités plus tournées vers les loisirs et surtout plus populaires. Le Club Méditerranée voit le jour en 1950 et avec lui les vacances sont synonyme de convivialité. Les campings sont en plein essor et une nouvelle image du tourisme apparaît, loin de l'austérité de celui d'élite. Les activités d'hiver deviennent prédominantes en montagne. Le ski fait son apparition de manière plus marquée dans les années 1950. Les loisirs simples, en famille, envahissent les esprits durant la seconde moitié du XXème siècle. Villard de Lans va également prendre le virage d'un tourisme plus accessible, notamment grâce aux sports d'hiver qui marqueront la fin du tourisme de classe.

 

Suite aux terribles ravages causés par la Seconde Guerre Mondiale, tout est à reconstruire sur le plateau du Vercors. De la fin du conflit à 1948, plusieurs hôtels de la commune de Villard de Lans ont été réquisitionnés pour accueillir des orphelins ; le tourisme n'est donc plus d'actualité au cours de cette période.

Au début des années 1950, le tourisme climatique reprend de l'ampleur, mais toujours uniquement au printemps, en été et à l'automne.

Une nouvelle clientèle apparaît : les pieds noirs d'Afrique du Nord. Elle vient principalement en été afin de profiter de l'air plus frais des montagnes. Ces personnes, appartenant à un milieu aisé, s'inscrivent dans la continuité d'un tourisme de classe.

Cependant, avec la guerre d'Algérie, la plupart d'entre eux, ayant perdu leurs richesses, ne peuvent plus venir à Villard de Lans. C'est donc une perte sèche de clientèle. Néanmoins, ce manque est vite compensé par le tourisme issu des congés payés.

De plus, la Sécurité Sociale remboursant les cures pour les plus jeunes, de nombreuses maisons d'enfants voient le jour. Elles sont environ une soixantaine à cette période. Le climatisme est alors plus accessible et la commune joue sur ce point dans l'espoir de percevoir toujours plus de recettes.

 

 

Publicités pour le climatisme villardien des années 1950

 

 

 

 

Les techniques de déneigement se perfectionnent. Ainsi la station devient accessible été comme hiver. C'est en répondant à la demande des plus importantes familles du village que l'aspect sportif de la station s'est développé. En effet, elle prend réellement le virage des sports d'hiver en 1951 lorsque la première télécabine reliant les Pouteils à la Côte 2000 est construite. De plus, les championnats de France de 1953 permettent à la station d'acquérir une véritable notoriété. Grâce à ces évènements, la clientèle s'étoffe à nouveau.

On observe alors une perte de gamme et ainsi une démocratisation du tourisme. L'apogée des loisirs marque réellement la fin du climatisme. Durant l'hiver, le ski, la luge et le patin à glace se substituent à lui en montagne, alors qu'en été il est remplacé par la baignade sur la côte.

 

 

 

 

 

           

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