Des années folles à la Guerre : le climatisme pour une élite

 

Après la Grande Guerre, la France souhaite se reconstruire en se modernisant. Le tourisme connaît également des transformations spectaculaires. La bourgeoisie française, notamment issue de l'industrie, aime se promener au grand air dans les stations comme Deauville en Normandie ou celles de la Côte d'Azur avec les prestigieuses villes touristiques de Cannes, Nice ou Menton. L'air pur, la nature, mais également le confort sont les mots d'ordre de ce tourisme d'élite. Par conséquent, en 1922, naît la Fédération Thermale et Climatique Française qui guide les personnes à la recherche de soins et de bien être. C'est le début du climatisme. Bien entendu, la montagne n'échappe pas à cette mode et des stations comme Chamonix ou Aix-les-bains se développent autour de ce thème. Mais Villard de Lans va-t-elle attirer un tourisme d'élite souhaitant des prestations de qualité autour du climatisme ?

 

Les années 1920 correspondent à "l'âge d'or" du tourisme villardien.

 

L'essor des transports et l'ouverture du tramway reliant Grenoble à Villard de Lans, en passant par Saint Nizier, ont contribué à l'envolée touristique de la commune. Cependant, n'existant pas encore de moyens de déneigement des voies, le tourisme est exclusivement développé en saison estivale.

 

Tramway arrivant à Villard de Lans

           

À cette période, le climatisme prend toute son importance. Les touristes recherchant l'air pur, le soleil et le calme de l'environnement montagnard viennent se ressourcer à Villard de Lans. Le village utilise son image pour développer un véritable commerce autour du climatisme. De plus, avec son altitude supérieure à 1000 mètres, il revendique l'absence de nombreux microbes et bactéries, notamment les acariens. Le principe des cures de bien-être est alors mis en place et de nombreuses activités physiques accompagnées de régimes alimentaires sont proposées. Au fil des années,  les contrôles sont de plus en plus stricts pour conserver l'hygiène de la commune et la santé de ses occupants.

 

Photographie d'enfants faisant de l'exercice pendant le climatisme

 

Une autre approche du climatisme apparaît, celle des maisons d'enfants et des colonies. De nombreux enfants souffrant de maladies respiratoires viennent se soigner pendant un séjour en montagne. Villard de Lans a ainsi obtenu la réputation de "paradis des enfants".

 

Affiches publicitaires des colonies et maisons d'enfants dans les années 1920 et 1930

 

Cependant, le climatisme est reservé à un tourisme aisé, faisant ainsi concurrence aux villes thermales. Les hôtels luxueux, comme Le Splendid, Le Grand Adret ou encore Le Grand Hôtel de Paris, deviennent prédominants dans l'économie de la commune et favorisent la venue d'une élite de prestige voulant profiter de ce cadre. Parmi eux, l'Impératrice austro-hongroise Zita, la famille Peugeot, les Rothschild, le Roi du Maroc ou encore le célèbre acteur Fernandel.

 

Hôtels et maisons d'enfants luxueux

 

Comme le reste de la France, Villard de Lans installe donc un tourisme aisé, c'est-à-dire de prestige et de classe, grâce au climatisme et devient ainsi la plus grande station pré-alpes du Nord. En 1936, le Front Populaire met en place les congés payés. Les classes les plus défavorisées se ruent sur les plages durant leur quinze jours de vacances. Un tourisme de masse apparaît. Cependant, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale, on ne retrouve pas les milieux populaires à Villard de Lans.

Va-t-elle réussir à conquérir ce nouveau marché ?

 

 

 

 

 

 

 

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